Arrowhead Ultra 135 – Récit de course


Ce fut une très belle course. Je suis très satisfait de ma 6e place en 17h13minutes.  Les résultats complets sont disponibles ici.  Il y a aussi de très belles photos de course ici.

La course

Après des mois de préparation physique, j’étais content d’être sur la ligne de départ. Cette course a la réputation d’être très froide avec des températures de -30 à -40°C au cours des 4 dernières années. Avec des prévisions à -2°C pour la journée, ça allait être une tout autre histoire.

Dès le départ, je me suis retrouvé dans un petit peloton de 4 coureurs très fort, Kevin Breitnbach et Tim Berntson, deux Alaskiens, et un gars de l’Idaho, TRÈS FORT, Jay Petervary. Un peu avant le premier CP, le peloton de « poursuite » formé de 5 coureurs nous a rattrapés. Après 3 h 30 de course à un rythme d’enfer pour des vélos sur la neige (17km/h de moyenne!), les côtes ont commencé et le peloton s’est étiré.

J’ai pris mon rythme jusqu’au deuxième CP où je suis arrivé en 8e position. À peine 15 minutes après les premiers. J’ai vite rempli mon eau et ai mangé un bon « grilled cheese » pour repartir en 7e place. Rempli d’une nouvelle énergie, j’ai rattrapé deux coureurs, Ben Doom et Charly Tri dans la section la plus pentue du parcours pour me hisser en 5e position juste avant la tombée de la nuit.

Cependant, je commençais à fatiguer; j’imagine que c’est normal après 12 h de course! Mais surtout, j’avais les pieds complètement gelés. Une très mauvaise décision de ma part… Je me suis laissé séduire par les prévisions météorologiques. J’avais apporté tout ce qu’il fallait pour me tenir les pieds au chaud jusqu’à -40°C, mais j’ai décidé à la dernière minute de mettre mes petits souliers de vélo d’automne. Ils ont été corrects pour les 4 premières heures, mais une fois les pieds mouillés de sueur, ils ont vite gelés. Je les secouais à l’occasion, mais rien n’y faisait.

Et par-dessus ça, ma bonne vieille lampe qui fonctionnait très bien au départ à décider de cesser de fonctionner avec à peine quelques minutes de faites dans la nuit. J’ai donc couru avec seulement ma petite lumière de secours sur mon guidon. C’était assez pour avancer, mais définitivement trop peu pour descendre à vive allure. J’ai vu plusieurs pistes de loup, mais aucune chance que j’en surprends un avec mes 100 lumens pointé directement devant ma roue avant (ce qui dans le fond ne me dérangeait pas tant que ça!)

Un peu avant le 3e CP, je me suis fait rattraper et dépasser par un train… à non, c’était juste un coureur avec une VRAIE lumière! De retour en 6e position. Au CP 3, j’ai pris le temps de m’arrêter pour prendre soin de mes pieds… quand j’ai vu que mon sous-bas était gelé sur mon gros orteil, j’ai compris que c’était pire que je pensais. Mes 10 orteils étaient blancs. Je me suis improvisé des bas secs avec mes « arm warmers » et j’ai enfilé un gant par-dessus mes souliers pour tenter de mieux les isoler. Je suis reparti après 10 minutes d’arrêt, mais les orteils toujours bien gelés.

La dernière section du parcours était plate, dans tous les sens du mot. Les sections sont complètement rectilignes à coup de 3-4km. Je commençais à avoir hâte d’arriver. Je m’inventais des tonnes de raisons pour m’arrêter… « mes lunettes sont buées », « je viens d’échapper une amande enrobée de chocolat », « y’a de la neige sur mon sac »! Et finalement ce que je craignais; une lumière scintillante s’approche derrière moi, je la voyais arriver de loin, j’étais en train de me faire rattraper.

Le coureur en question m’a dépassé assez rapidement. La pluie verglaçante se mettait maintenant de la parti. Il ne restait que 15 km, mais ça me paraissait une éternité. Surtout à la vitesse à laquelle le dernier m’avait dépassé, je me sentais arrêté. Mais après une vingtaine de minutes, je revois sa petite lumière rouge au loin. Ça m’a motivé à pédaler plus fort… elle s’approchait drôlement rapidement. Arrivé à sa hauteur, je constate qu’il marche à côté de son vélo. Je lui demande si tout va bien, il est complètement crevé. Il a poussé fort pour me rattraper et il est maintenant à plat. Je m’assure qu’il est correct pour rallier le fil d’arriver de lui-même en sécurité et je pousse le dernier 4km.

J’ai fini en 17 h 13. 24 minutes derrière le 5e et 1h22minutes derrière les premiers. Ils se sont d’ailleurs battus jusqu’à la toute dernière minute. Après 15 h 50 de course, ça s’est gagné au sprint par une demi-longueur de roue!! Des machines! De mon côté, j’ai été très satisfait de ma forme. Les jambes ont bien poussé et j’ai réussi à bien manger et boire tout au long de la course. Par contre, mes pieds n’ont vraiment pas aimé la course! J’ai l’impression qu’ils sont toujours congelés et la sensation n’est pas normale. Leur hiver est fini, ils ont hâte à l’été!!

C’était une bien belle course organiser simplement et soutenue par des bénévoles toujours aussi sympathiques que généreux de leur temps. Un gros merci aux organisateurs et aux bénévoles. Et par-dessus tout, un énorme merci à mon père qui m’a accompagné. Cette course est non supportée, il ne pouvait donc pas m’aider durant l’épreuve, mais ses encouragements aux différents endroits où le sentier croisait la route étaient toujours très appréciés et motivants. Et surtout, les 20h de route aller et retour ont été du bon temps passé ensemble.

Francis

 

2 Réponses

  1. jonathan forcier

    Good job !

    8 février 2012 à 8:16

  2. André Forest

    Wow, super Francis. Ta mère m’a envoyé le lien. Ma petite ride Montreal-Quebec en Juillet a pâle allure à côté de ça.

    19 février 2012 à 11:13

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